Seulement 17 % des acheteurs réalisent du sourcing fournisseurs de manière régulière ou systématique. C’est le chiffre marquant révélé lors du webinaire Okaveo consacré au sourcing. Pourtant, dans un contexte où les risques fournisseurs se multiplient — défaillances record, enjeux RSE, cybermenaces, tensions géopolitiques — savoir identifier et qualifier ses fournisseurs n’a jamais été aussi stratégique.

 

Cet article synthétise les enseignements clés de ce webinaire animé par Anthony D’amour, Directeur de la relation clients, et Mathias, Product Manager chez Okaveo, qui accompagnent les organisations achats depuis plus de 20 ans.

Pourquoi le sourcing fournisseurs est devenu incontournable

L’approche académique du métier achat recommande de consacrer 20 à 30 % du temps de travail de l’acheteur au sourcing, selon les familles d’achats concernées. Dans la réalité, l’écart est considérable : la majorité des professionnels reste absorbée par l’opérationnel et l’urgence quotidienne.

 

Or, un sourcing actif et structuré répond à six enjeux majeurs pour toute organisation :

 

  • Accompagner la capacité de production — disposer des bons fournisseurs pour suivre le rythme de l’activité, qu’il faille l’accélérer ou l’adapter.
  • Optimiser les coûts — améliorer la compétition entre fournisseurs pour dégager des économies mesurables.
  • Maîtriser les risques fournisseurs — anticiper les défaillances plutôt que les subir. En 2026, la France enregistre un record historique avec près de 70 000 défaillances d’entreprise sur 12 mois glissants.
  • Se conformer à la réglementation — lutte contre le travail dissimulé, conformité documentaire, obligations de vigilance.
  • Atteindre ses objectifs RSE — diversifier son panel pour intégrer des achats inclusifs, responsables et issus de l’économie sociale et solidaire.
  • Favoriser l’innovation — rester en veille sur son marché pour détecter de nouvelles solutions et créer de la valeur pour les équipes métiers.

L'évolution des risques fournisseurs : une pyramide qui ne cesse de grandir

Le métier d’acheteur est relativement jeune, et les risques à piloter se sont considérablement diversifiés au fil des décennies. Comprendre cette évolution permet de mesurer pourquoi le sourcing est aujourd’hui un levier de résilience.

 

Avant 2000 : les risques se limitaient essentiellement aux dimensions financières et aux capacités de livraison.

 

2000–2010 : l’émergence de la réglementation (lutte contre le travail dissimulé, vérification documentaire) et les tensions géopolitiques qui perturbent les chaînes d’approvisionnement mondiales.

 

2010–2020 : les risques réputationnels et le « name and shame » (sanctions DGCCRF par exemple), ainsi que les cybermenaces liées à la digitalisation croissante des échanges.

 

Depuis 2020 : les risques sanitaires (Covid), les enjeux climatiques (un fournisseur situé dans une zone de feux de forêt ne peut plus livrer), la biodiversité et la raréfaction des ressources (eau, matières premières).

 

La responsabilité portée par les services achats n’a jamais été aussi étendue. Face à cette accumulation, le sourcing n’est plus une option : c’est un impératif stratégique pour avoir toujours un coup d’avance sur le marché fournisseur et pouvoir se retourner en cas d’émergence de nouveaux risques.

Classifier ses fournisseurs pour prioriser son sourcing

Tous les fournisseurs ne méritent pas le même niveau d’effort en sourcing. Une classification en quatre catégories permet de concentrer ses ressources là où elles sont les plus utiles.

 

Fournisseurs de classe C (petits fournisseurs) : faible enjeu financier, faible risque. Le sourcing n’est pas prioritaire sur ces segments.

 

Fournisseurs sensibles : ceux dont le taux de dépendance économique est trop élevé, ou qui font l’objet d’une exposition médiatique négative. Un plan B doit être envisagé.

 

Fournisseurs stratégiques : caractérisés par un chiffre d’affaires significatif ou un délai de réapprovisionnement supérieur à six mois. Impossible de se retourner rapidement vers une alternative.

 

Fournisseurs critiques : leur défaillance entraîne un arrêt de la chaîne de production. Les conséquences se chiffrent en millions d’euros par jour.

 

Cette classification est un exercice vivant : il est recommandé de la revoir régulièrement, car la situation d’un fournisseur peut évoluer rapidement — un fournisseur de classe C peut devenir sensible, un stratégique peut devenir critique.

Quels outils pour faire du sourcing fournisseurs en 2026 ?

Le sourcing recouvre plusieurs réalités — identification de nouveaux fournisseurs, benchmark, veille marché, sécurisation de l’approvisionnement — et les outils doivent s’adapter à ces différents besoins.

Les moteurs de recherche (Google, Bing…)

C’est la solution la plus accessible et gratuite. On obtient toujours des résultats, c’est son premier avantage. Son biais principal : la logique de référencement SEO met en avant les fournisseurs les mieux positionnés en ligne, pas nécessairement les plus pertinents pour un besoin achat spécifique. Un test réalisé pendant le webinaire sur la recherche « menuiserie Rennes » l’a confirmé : les résultats Google remontaient principalement de grandes enseignes bien référencées (Lapeyre, Tryba…), laissant de côté les PME locales potentiellement plus adaptées.

Les IA génératives (ChatGPT, Claude…)

Elles permettent d’élargir l’exploration et sont intéressantes pour des études de marché ou du benchmark. Cependant, elles s’appuient sur les données du web et reproduisent souvent les mêmes biais que les moteurs de recherche, en mettant en avant les entreprises déjà les plus visibles. Elles manquent également de données qualifiées sur la santé financière, la situation juridique ou l’activité réelle des entreprises.

Les outils spécialisés (solutions S2P / S2C / SRM)

C’est la troisième voie, et celle qui apporte le plus de valeur dans une démarche structurée. Ces solutions agrègent et organisent des données provenant de multiples sources (données ouvertes, partenaires spécialisés), les structurent pour les rendre directement exploitables dans un contexte achat. Elles s’intègrent dans un processus complet : du sourcing au RFI, en passant par la qualification et l’onboarding fournisseur.

 

Trois avantages décisifs par rapport aux solutions généralistes :

  • La pertinence des résultats — les données sont filtrées, enrichies et contextualisées pour répondre au besoin précis de l’acheteur.
  • L’historisation et la traçabilité — chaque recherche, chaque benchmark est tracé dans le projet achat. Si un collaborateur change de poste ou s’absente, l’historique reste accessible à toute l’équipe. On ne repart jamais de zéro.
  • L’intégration dans un processus global — contrairement à une recherche « one shot » sur Google ou une IA, les résultats s’inscrivent dans un workflow complet. L’acheteur peut enchaîner avec un RFI, une évaluation ou un onboarding directement depuis l’outil.

Okaveo en pratique : sourcing multicritères, données financières et RSE

Okaveo, solution digitale achats utilisée par plus de 17 000 utilisateurs et portée par 20 ans d’expertise, intègre un module de sourcing qui illustre concrètement les avantages d’un outil spécialisé. Voici ce que le webinaire a permis de démontrer en direct.

Recherche multicritères et géolocalisée

L’acheteur peut lancer une recherche par mots-clés, codes NAF, zone géographique (avec un rayon paramétrable en kilomètres), taille d’entreprise ou critères RSE. Chaque recherche interroge simultanément la base fournisseurs existante de l’organisation (affichée en bleu) et un vivier de prospects issus du territoire (en orange). Un premier exemple sur « menuiserie à 50 km autour de Rennes » a remonté plus de 1 000 résultats en une fraction de seconde, affinables ensuite par taille (minimum 10 salariés, par exemple) pour passer à 70 résultats ciblés.

Des fiches entreprises enrichies et actualisées

Pour chaque résultat, l’acheteur accède à des informations détaillées : données d’identification (SIRET, date de création, effectif), situation juridique via le BODACC (alertes sur les liquidations, redressements), données financières issues des bilans publiés, labels RSE (comme le RGE — Reconnu Garant de l’Environnement), et même les marchés publics remportés grâce aux données essentielles. Ces données sont actualisées chaque nuit, garantissant à l’acheteur de travailler avec l’information la plus fraîche possible.

Les marchés publics comme indicateur de confiance

Un point particulièrement intéressant mis en lumière pendant la démo : Okaveo permet de visualiser les marchés publics remportés par un fournisseur. Pour l’acheteur, c’est un indicateur de fiabilité précieux. On peut vérifier si le marché est bien dimensionné par rapport à son propre besoin, s’il est récent, et si le fournisseur est sollicité de façon régulière. Cette fonctionnalité est utile aussi bien pour les acheteurs publics que privés.

Sourcing RSE et achat inclusif

Okaveo intègre des filtres RSE avancés qui permettent de rechercher spécifiquement des entreprises inclusives, des structures issues de l’économie sociale et solidaire (ESS), des entreprises adaptées ou des entreprises d’insertion. Le webinaire a illustré deux approches complémentaires : rechercher un type de prestation (par exemple, « entretien d’espaces verts à Metz ») puis filtrer sur les critères d’inclusion, ou bien partir directement d’une recherche par type de structure (« toutes les entreprises adaptées dans la Drôme ») pour explorer l’écosystème inclusif de son territoire. Ces données sont alimentées en partenariat avec des acteurs spécialisés comme Le Marché de l’Inclusion, et enrichies en continu.

Du sourcing au RFI : un processus intégré

Une fois les prospects identifiés et mis de côté, l’acheteur peut directement lancer un RFI (Request For Information) depuis la plateforme. Des questionnaires d’information, créés avec l’aide d’Okaveo lors du déploiement, permettent de qualifier le fournisseur et de vérifier qu’il a les compétences et caractéristiques pour répondre au besoin. L’objectif : se faire connaître du fournisseur et initier la relation commerciale de manière structurée.

L'IA au service du sourcing : du génératif à l'agentique

Le webinaire a permis de clarifier deux tendances technologiques distinctes qui transforment le sourcing.

L'IA intégrée aux outils spécialisés

Okaveo intègre déjà de l’intelligence artificielle dans son moteur de sourcing. Concrètement, cela signifie que l’acheteur peut effectuer des recherches en langage naturel — comme il le ferait sur un outil d’IA générative — et le système active automatiquement les critères pertinents. C’est une combinaison du meilleur des deux mondes : la simplicité d’usage des IA conversationnelles et la pertinence des données structurées d’un outil spécialisé.

L'IA agentique : la prochaine étape

Au-delà de l’IA générative, une nouvelle tendance émerge : les IA agentiques. Contrairement aux IA conversationnelles qui répondent à une requête ponctuelle, les agents IA sont capables d’automatiser des séquences de tâches de manière autonome.

 

Appliquée au sourcing, cette technologie pourrait transformer les pratiques : un agent pourrait automatiquement lancer une recherche fournisseur dès l’ouverture d’un dossier d’achat, pré-qualifier les résultats selon les critères de l’organisation, et soumettre une shortlist à l’acheteur. Si cette automatisation se concrétise, le fameux chiffre de 17 % d’acheteurs qui sourcent régulièrement pourrait considérablement augmenter — non pas parce que les acheteurs auront plus de temps, mais parce que le sourcing sera intégré nativement dans leur flux de travail.

L'agrégation de données : le socle invisible d'un sourcing efficace

Derrière la simplicité d’une recherche en quelques clics se cache un travail considérable d’agrégation de données. Okaveo collecte et structure des données provenant de multiples sources : données ouvertes (INSEE, BODACC, données essentielles des marchés publics…), données de partenaires spécialisés via des connecteurs dédiés, et informations produites par les utilisateurs eux-mêmes (évaluations, questionnaires RSE, scores).

 

Ces données ouvertes sont par définition accessibles à tous, y compris par les outils d’IA générative. Mais sans retraitement, elles restent difficilement exploitables. Le travail d’un outil spécialisé consiste précisément à les organiser, les croiser et les actualiser pour qu’elles aient du sens dans un contexte de sourcing achat.

 

C’est cette couche d’intelligence dans l’organisation de la donnée qui fait la différence entre une recherche Google et un sourcing structuré.

Ce qu'il faut retenir

Le sourcing fournisseurs est un levier stratégique trop souvent relégué au second plan par l’urgence opérationnelle. Pourtant, avec la multiplication des risques — financiers, réglementaires, réputationnels, climatiques — et les exigences croissantes en matière de RSE et d’achat inclusif, il est devenu indispensable de structurer cette démarche.

 

Les outils généralistes (moteurs de recherche, IA) constituent un premier pas, mais ils montrent rapidement leurs limites en termes de pertinence, de traçabilité et d’intégration dans un processus achat. Les solutions spécialisées comme Okaveo permettent d’aller plus loin en combinant données enrichies, filtres avancés (RSE, taille, géographie, marchés publics), historisation complète et intelligence artificielle.

 

Avec l’arrivée des IA agentiques, le sourcing est à l’aube d’une transformation majeure qui profitera aux organisations capables de s’équiper dès maintenant.

Envie de tester le sourcing avec Okaveo sur l'un de vos marchés ?

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