La transformation digitale de la fonction achats repose sur un socle unique : la donnée.
Trop d’organisations peinent encore à savoir ce qu’elles achètent, auprès de qui et pour quel besoin. Sans cette visibilité, impossible d’identifier les leviers d’optimisation ou de piloter la performance.
Une cartographie des achats fiable et dynamique devient donc la base d’un pilotage stratégique fiable et durable.
Pourquoi cartographier ses achats ?
Une cartographie achats structure les dépenses selon une logique métier : catégories, familles, sous-familles et segments d’achats.
Elle permet de visualiser les flux financiers, de rattacher les volumes aux fournisseurs, d’identifier les dépenses hors contrat ou les achats non référencés, et d’analyser la consommation par entité, centre de coûts ou prescripteur interne.
C’est un outil d’aide à la décision qui permet de :
- Consolider les volumes pour renforcer le pouvoir de négociation,
- Identifier les leviers d’économies à court et moyen terme,
- Sécuriser les approvisionnements et réduire la dépendance à un fournisseur unique,
- Mesurer la performance achats par catégorie ou par périmètre.
Gouvernance et exploitation de la donnée
Selon le baromètre Digital Procurement Success, seulement 40 % des décideurs disposent d’une gouvernance structurée de la donnée.
L’enjeu majeur n’est pas uniquement l’outil, mais bien la qualité, la fiabilité et la pérennité de la donnée achats collectée.
Une fois la cartographie en place, les directions achats peuvent exploiter la donnée pour :
- Anticiper les risques fournisseurs et les tensions d’approvisionnement,
- Réaliser des analyses prédictives à partir des historiques de dépense,
- Piloter la performance sur des indicateurs consolidés (TCO, savings, couverture contractuelle, part d’achats responsables, etc.).
Une donnée propre et bien gouvernée devient un actif stratégique, permettant de passer d’une logique de reporting à une dynamique de pilotage.
Mise en œuvre d’une cartographie des achats performante
Une cartographie achats ne s’improvise pas. Elle suppose de consolider les données internes (ERP, comptabilité, contrats, engagements budgétaires, outils métiers) et de les croiser avec des données externes (indices de marché, données fournisseurs, risques financiers).
Les directions achats les plus avancées s’appuient sur :
- Des modèles de classification achats homogènes (type UNSPSC ou personnalisés),
- Des tableaux de bord dynamiques avec filtres multi-niveaux,
- Des alertes automatiques sur les dérives budgétaires ou la concentration fournisseurs,
- Une mise à jour automatisée pour fiabiliser la donnée en continu.
L’objectif n’est pas uniquement de visualiser la dépense, mais de transformer la donnée en levier d’action, au service du pilotage et de la performance globale.
Conclusion
La cartographie des achats est la boussole du pilotage stratégique.
Elle offre une vision complète du périmètre d’achats, éclaire les risques et ouvre la voie à des décisions plus rapides et mieux alignées avec les priorités de l’entreprise.
Digitaliser ses achats sans cartographier ses dépenses, c’est un peu comme naviguer sans radar : on avance, mais sans cap ni visibilité.