Pourquoi votre fonction achats a besoin d’un cap avant d’avoir des process

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Plan stratégique achats : ce que 400 organisations m'ont appris sur la transformation achats

La scène se répète. ETI familiale en région, filiale française d’un grand groupe, collectivité territoriale, peu importe le contexte. Je m’assieds avec l’équipe achats. Des gens sérieux, compétents, engagés. Ils me montrent leurs processus, leurs outils, leurs indicateurs. L’énergie est là. Le potentiel aussi. Alors je pose une question simple :

« Pourquoi les achats existent dans votre organisation ? »

Et c’est la façon dont cette question est reçue, le silence, l’hésitation, parfois la surprise, qui m’en dit plus sur le potentiel de transformation d’une équipe que n’importe quelle grille d’analyse.

Le piège du "comment" permanent

Dans beaucoup d’entreprises, la fonction achats est remplie de bonne volonté. Les équipes veulent bien faire, respecter les règles, maîtriser les process, éviter les erreurs. Elles se posent alors une question en boucle : comment on fait pour… ?

 

Comment lancer de manière homogène toutes nos consultations. Comment structurer un cahier des charges type. Comment organiser un comité de pilotage. Comment digitaliser un workflow.

 

Le « comment » devient un sujet permanent. On le discute, on le dissèque, on le challenge, on l’améliore, parfois à l’infini.

Les outils disponibles permettent d’embarquer un maximum de complexité, et c’est même parfois un critère de choix : « je peux tout paramétrer ? Formidable ! »

 

Pendant ce temps, la question essentielle reste très peu traitée : pourquoi on le fait.

 

C’est là que naît l’incohérence la plus fréquente dans les organisations achats. Elles optimisent le code de la route, mais ne rentrent jamais l’adresse dans le GPS.

Des conducteurs exemplaires… sans destination

Certaines équipes maîtrisent parfaitement le bon mode de travail, la bonne méthode, la bonne granularité, la bonne matrice. L’acheteur est bon élève. Il a 7, il veut 8. Quand il a 10, il se demande s’il ne faut pas revoir le référentiel pour trouver un axe de progrès supplémentaire.

 

Il respecte les process comme un conducteur exemplaire respecte le code de la route : il n’oublie jamais un stop, n’excède aucune limitation, applique scrupuleusement les checklists.

 

Mais quand on demande « Où voulez-vous aller avec votre fonction achats ? Quelle est sa contribution dans la stratégie d’entreprise ? », le silence s’installe. La destination n’a pas été définie.

 

Sans destination, on applique les règles sans avancer vers un but. On optimise des détails sans prioriser. On travaille beaucoup, on impacte peu. On se rassure, mais on ne transforme rien.

Trois contextes, une même opportunité

Ce qui est frappant, c’est que ce constat traverse tous les types d’organisations. Chacune a ses forces, sa culture, ses leviers propres, mais partout, la même opportunité fondamentale existe : connecter l’énergie des équipes achats à la stratégie de l’organisation.

 

Dans les ETI, les acheteurs font preuve d’une agilité remarquable, d’une connaissance terrain très fine et d’une vraie proximité avec les métiers. En formalisant un cap stratégique clair, ces équipes franchissent un palier impressionnant, très vite. Elles ont déjà les qualités humaines et opérationnelles. Il s’agit simplement de leur donner le cadre pour exprimer pleinement leur impact.

 

Dans les filiales de grands groupes, la richesse est différente : outils, méthodologies, culture du process bien installée. Ce que j’observe, c’est que les équipes locales ont une vraie capacité à créer de la valeur différenciante dès lors qu’elles articulent intelligemment le cadre groupe avec les enjeux spécifiques de leur business unit. La marge de manœuvre est souvent plus grande qu’on ne le croit.

 

Dans le secteur public, collectivités, établissements hospitaliers, opérateurs publics, les enjeux ont une profondeur rare : impact territorial, soutien aux entreprises locales, politique d’achat responsable, service aux usagers. Quand ces équipes se donnent une vision stratégique claire, leur capacité à transformer leur organisation est impressionnante. Et la fierté qui en découle est palpable.

 

Trois contextes différents. Trois expressions d’un même potentiel à amplifier.

Les questions à poser avant de parler méthode

Les organisations qui accélèrent le plus sont celles qui ont pris le temps de répondre à quelques questions fondamentales, avant de se lancer dans l’optimisation des processus ou la digitalisation.

 

Quelle est la raison d’être des achats dans cette organisation ? Pour une ETI en croissance, ce sera peut-être l’intégration rapide de nouveaux périmètres fournisseurs. Pour une filiale industrielle, la sécurisation de composants critiques. Pour un hôpital public, la conciliation entre contrainte budgétaire, qualité des soins et engagement RSE. Chaque réponse est unique  et c’est précisément ce qui rend l’exercice si riche.

 

À quels enjeux stratégiques les achats doivent-ils contribuer ? Croissance, résilience, décarbonation, transformation digitale, attractivité territoriale : nommer ces enjeux clairement, c’est déjà commencer à aligner toute l’énergie de la fonction dans la bonne direction.

 

D’où part-on réellement ? Un état des lieux honnête des forces, des ressources, de la maturité des processus et de la donnée disponible. Non pas pour se juger, mais pour choisir les bons points d’appui.

 

Où veut-on aller, et comment le mesurer ? Quelle contribution concrète les achats apportent-ils à 18 mois, à 3 ans ? Mesurée non pas en conformité, mais en impact réel et visible pour toute l’organisation.

 

Et seulement ensuite : comment y aller ? Process, outils, projets, workflows, digitalisation. Le « comment » reprend toute sa valeur quand il est au service d’un cap.

 

À chaque fois que ces questions sont travaillées avec une équipe, le même phénomène se produit : les priorités s’imposent avec évidence, les échanges gagnent en profondeur, et les équipes retrouvent un élan qu’elles avaient parfois perdu.

Les quatre piliers d'un plan achats cohérent

Une fois le cap posé, la transformation s’appuie sur quatre piliers à traiter ensemble.

 

La gouvernance. Clarifier les rôles, les niveaux de décision, les interfaces avec les métiers. Dans une ETI, cela donne souvent à la fonction achats une légitimité nouvelle. Dans une filiale, cela crée des espaces d’initiative au sein du cadre groupe. Dans le public, cela installe les achats comme une fonction contributrice à part entière.

 

Les processus. Structurés sur ce qui compte vraiment. L’idée n’est pas de tout formaliser d’un coup, mais d’identifier les processus à plus fort enjeu et de les rendre robustes et fluides. La simplicité est souvent la marque des organisations les plus performantes.

 

La donnée et le digital. Avoir une vision consolidée et fiable de ses dépenses, de ses fournisseurs, de ses risques et de sa performance, c’est ce qui permet à une fonction achats de tenir un discours crédible, de prendre de meilleures décisions, et de démontrer sa contribution avec des faits. Dans le public comme dans le privé, la donnée est ce qui transforme une bonne intuition en politique durable.

 

Le pilotage de la performance. Avec des indicateurs alignés sur ce qui compte pour l’organisation. Les économies réalisées, bien sûr. Mais aussi la résilience des approvisionnements, la part des fournisseurs locaux, l’empreinte carbone du portefeuille, la capacité à répondre rapidement à de nouveaux besoins métiers.

On n'améliore pas un chemin tant qu'on ne sait pas où il mène

Les organisations qui passent leur temps à perfectionner le « comment » sans définir le « pourquoi » se perdent dans les détails, multiplient les débats inutiles, ralentissent leur transformation et perdent en crédibilité.

 

Celles qui commencent par la vision avancent plus vite, prennent de meilleures décisions, priorisent avec justesse, donnent du sens et transforment réellement leur fonction achats.

 

La fonction achats est l’une des plus stratégiques qui soit dans une organisation. Elle touche à la performance économique, à la résilience, à l’innovation, à la transition écologique, aux relations humaines avec un écosystème fournisseur qui représente parfois plus de 60 % de la valeur créée.

 

Avant de demander « comment on fait », il faut décider « pourquoi on y va ». Sinon, on applique le code de la route sans jamais entrer la destination dans le GPS.

Envie de poser le cap avant d'accélérer ?

Votre fonction achats a-t-elle un cap stratégique clair, partagé et incarné par vos équipes ? Si cette question résonne avec ce que vous vivez au quotidien, c’est exactement le point de départ d’une transformation qui a du sens.

 

Okaveo accompagne les entreprises et organisations publiques dans la structuration et la transformation de leur fonction achats, du diagnostic stratégique au déploiement opérationnel.

Nicolas Le Montagner
Conseil, Formation & Déploiement Okaveo

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