Gestion des achats : le guide complet pour structurer sa fonction

Comment structurer sa fonction achats ? Processus, organisation, outils et bonnes pratiques : le guide complet pour piloter vos achats.

La gestion des achats est devenue l’un des leviers de performance les plus stratégiques d’une organisation. Elle ne consiste plus seulement à acheter au meilleur prix, mais à sécuriser les approvisionnements, maîtriser les risques fournisseurs, contribuer aux objectifs RSE et créer de la valeur sur toute la chaîne. Ce guide couvre l’essentiel : de la définition aux enjeux, de l’organisation de la fonction aux outils qui la soutiennent.

Qu'est-ce que la gestion des achats ?

La gestion des achats désigne l’ensemble des activités qui permettent à une organisation d’acquérir les biens, services et matières nécessaires à son fonctionnement, dans les meilleures conditions de coût, de qualité, de délai et de risque.

 

Il est utile de distinguer trois notions souvent confondues :

  • Les achats relèvent d’une logique stratégique : définition de la stratégie, sélection des fournisseurs, négociation, contractualisation.
  • Les approvisionnements relèvent de l’opérationnel : passation des commandes, gestion des livraisons et des stocks, une fois le fournisseur choisi.
  • Les achats stratégiques et opérationnels se distinguent par leur impact : les premiers portent sur des enjeux critiques ou à fort montant, les seconds sur des dépenses récurrentes et courantes.

 

Cette clarification n’est pas théorique : elle conditionne la façon dont on organise les équipes, les priorités et les outils.

Les enjeux de la gestion des achats en 2026

La fonction achats évolue dans un environnement sous tension, marqué par plusieurs dynamiques de fond.

 

La maîtrise des coûts et de la valeur. Réduire les coûts reste un objectif, mais la fonction est désormais évaluée sur sa capacité à créer de la valeur : innovation, résilience, qualité, contribution à la marge.

 

La sécurisation des approvisionnements. Conflits géopolitiques, tensions logistiques, dépendances fournisseurs : la continuité d’activité est un enjeu majeur. La gestion des risques fournisseurs est passée du second plan à une priorité stratégique.

 

La conformité et la RSE. Les nouvelles obligations réglementaires (CSRD, devoir de vigilance, facturation électronique) font peser sur les achats une part croissante de la charge de collecte et de pilotage des données. Selon le baromètre ObsAR, si une large majorité d’organisations déclarent disposer d’une stratégie achats responsables, une part nettement plus faible a réellement déployé une cartographie des risques fournisseurs, révélant un écart persistant entre intention et mise en œuvre.

 

La digitalisation. La transformation numérique de la fonction s’accélère, mais la gouvernance de la donnée reste le maillon faible. Le baromètre France Supply Chain / BearingPoint 2026 montre que la part des entreprises disposant d’une plateforme commune inter-fonctions est passée d’environ un cinquième en 2019 à un peu plus de quatre sur dix en 2025, une progression réelle mais qui laisse encore une majorité d’organisations sans socle de données partagé.

Comment organiser sa fonction achats ?

Centralisée, décentralisée ou hybride ?

Le choix du modèle d’organisation structure toute la fonction.

 

Une organisation centralisée favorise la massification des volumes, l’homogénéité des pratiques et le contrôle. Elle convient aux organisations qui cherchent à maximiser leur pouvoir de négociation et à standardiser.

 

Une organisation décentralisée gagne en proximité avec les métiers et en réactivité, au prix d’une moindre cohérence globale. Elle convient aux structures très diversifiées ou géographiquement dispersées.

 

En pratique, beaucoup d’organisations adoptent un modèle hybride : une politique et des outils communs, avec des référents achats locaux. Ce compromis combine cohérence stratégique et adaptation au terrain.

Les rôles clés de la fonction achats

Une fonction structurée repose sur des rôles clairs. Le directeur des achats définit la stratégie et pilote la performance globale. L’acheteur conduit les consultations, négocie et sélectionne les fournisseurs. Le gestionnaire des achats ou approvisionneur assure le suivi opérationnel des commandes. Autour d’eux gravitent les prescripteurs (qui expriment le besoin), la finance et le juridique.

 

La clarté de ces rôles est déterminante : l’absence de responsabilités formalisées est l’une des principales causes de dysfonctionnement d’une organisation achats.

Dimensionner son équipe

Il n’existe pas de ratio universel. Le bon dimensionnement dépend du volume et de la complexité des achats, du niveau de digitalisation et du périmètre confié à la fonction. Un outillage performant permet souvent à une équipe réduite de couvrir un périmètre large, en automatisant les tâches à faible valeur ajoutée.

Les étapes du processus achats

Le cœur opérationnel de la gestion des achats est le processus qui transforme un besoin en contrat exécuté. Il s’articule classiquement en sept étapes : expression du besoin, sourcing, consultation, analyse des offres, négociation, contractualisation, suivi de la performance. Pour les besoins récurrents, la contractualisation peut passer par un accord-cadre, qui fixe les termes généraux sans relancer une consultation à chaque commande.

 

Chaque étape joue un rôle de filtre et de levier. Un processus structuré fiabilise les décisions, écarte les fournisseurs à risque en amont et maîtrise les coûts sur la durée.

Achats directs et achats indirects

Une bonne gestion des achats distingue les grandes familles de dépenses, car elles n’appellent pas les mêmes stratégies.

 

Les achats directs sont liés au cœur d’activité (matières premières, composants entrant dans le produit fini). Ils sont généralement bien suivis, car directement corrélés à la production.

 

Les achats indirects couvrent le fonctionnement de l’organisation (fournitures, services, équipements, prestations). Souvent dispersés et moins pilotés, ils recèlent un potentiel d’optimisation important, notamment sur les achats dits de classe C (nombreux, de faible montant unitaire).

 

Pour prioriser l’effort entre ces familles, la segmentation par la matrice de Kraljic est indispensable.

Les outils de la gestion des achats

La cartographie des achats

Avant d’optimiser, il faut y voir clair. La cartographie des achats via la matrice de Kraljic consiste à classer ses familles de dépenses selon leur impact et leur criticité, pour définir la bonne stratégie fournisseur pour chacune. C’est le point de départ de toute démarche structurée.

Le tableau de bord achats

Piloter suppose de mesurer. Un tableau de bord achats suit les indicateurs clés : économies réalisées, taux de couverture contractuelle, délais moyens d’approvisionnement, part de fournisseurs évalués, conformité. Ces KPI transforment la fonction en centre de pilotage plutôt qu’en centre de coûts.

Le logiciel achats

Excel atteint vite ses limites dès que les volumes et les acteurs se multiplient. Un logiciel achats centralise les consultations, les offres, les contrats et les évaluations dans un environnement unique, élimine les ressaisies et fiabilise la donnée. C’est l’outil qui permet de passer d’une logique de traitement des tâches à une logique de pilotage.

Gestion des achats dans le secteur public

Dans le secteur public, la gestion des achats est encadrée par le Code de la commande publique, qui impose des procédures formalisées au-delà de certains seuils : publicité, mise en concurrence, critères d’attribution publiés à l’avance, délais réglementaires. Les collectivités et acheteurs publics importants sont également tenus d’objectifs d’achats responsables via leur SPASER.

 

La logique de fond reste la même que dans le privé (du besoin au suivi du contrat), mais avec un cadre juridique plus contraignant et une exigence de transparence renforcée.

De la structuration au pilotage : par où commencer

Structurer sa gestion des achats est un chemin, pas un projet ponctuel. La séquence qui fonctionne : clarifier d’abord la raison d’être et les objectifs de la fonction, poser une gouvernance claire, fiabiliser la donnée, puis seulement outiller et digitaliser. L’ordre compte : un outil déployé sans cap ni gouvernance ne produit pas les résultats attendus.

 

Okaveo accompagne les entreprises et les organisations publiques dans la structuration et le pilotage de leur fonction achats, du diagnostic stratégique au déploiement opérationnel, en couvrant l’ensemble du cycle Source-to-Contract.

FAQ : gestion des achats 2026

Qu'est-ce que la gestion des achats ?

C’est l’ensemble des activités permettant d’acquérir les biens, services et matières nécessaires à une organisation, dans les meilleures conditions de coût, qualité, délai et risque. Elle couvre la stratégie, la sélection des fournisseurs, la négociation, la contractualisation et le pilotage de la performance.

Le gestionnaire des achats assure le suivi opérationnel des commandes et des approvisionnements, en aval des décisions stratégiques prises par l’acheteur et le directeur des achats. Il veille à la disponibilité des biens et services au bon moment.

Les achats sont stratégiques (choix des fournisseurs, négociation, contrats). Les approvisionnements sont opérationnels (commandes, livraisons, stocks). Les achats définissent les conditions, les approvisionnements assurent la disponibilité.

Les principaux sont les économies réalisées, le taux de couverture contractuelle, les délais moyens d’approvisionnement, la part de fournisseurs évalués et le taux de conformité. Ils permettent de piloter la performance et de démontrer la contribution de la fonction.

En centralisant les processus (consultations, offres, contrats, évaluations) dans un logiciel achats unique, après avoir clarifié la gouvernance et fiabilisé la donnée. La digitalisation produit ses effets quand elle s’appuie sur un cap et une organisation clairs.

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